Parti Pirate - AAH : le handicap de trop

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AAH : le handicap de trop

Publié le 28/05/2021
  • Le Parti Pirate

Nous pensions pouvoir aborder le sujet qui suit bien après ce temps fort et haut en émotions que fut cette première victoire symbolisée par le rassemblement d’un peu plus de 100 000 signatures sur la pétition ouverte au Sénat demandant la désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). Ainsi, nous n’aurions pas eu besoin d’entrer dans une forme de récupération politique que nous dénonçons chez les partis traditionnels.

Mais l’actualité en a voulu autrement.

En effet, une deuxième pétition sur le même sujet a depuis été ouverte à l’Assemblée nationale, et si vous ne deviez faire qu’une seule chose à l’issue de cette lecture (voire maintenant) ce serait bien entendu signer cette pétition : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-358.

Petit historique du débat Pirate

Le Parti Pirate a adopté, depuis quelques années, dans son programme économique et social, un point concernant le déploiement d’un revenu de base, un point qui a malheureusement contre lui une réputation de dévoreur d’aides sociales. C’est pour cette raison qu’en 2020, les Pirates ont rouvert le débat pour savoir quelles aides existantes pourraient être fusionnées avec le revenu de base et lesquelles continueraient d’exister.

À l’issue de ce débat, après avoir rappelé que la situation de handicap pouvait être un frein à l’emploi et donc au principe de cumul de ressources que permet le revenu de base, nous avons tout simplement conclu que l’AAH devait être versée en parallèle d’un revenu de base.

L’actualité sur la désolidarisation de revenus du conjoint pour l’octroi de cette aide a été l’occasion de remettre le sujet sur le tapis il y a quelques mois au sein de notre parti politique. Comme expliqué en introduction, une récupération politique de notre part nous aurait effectivement permis de faire la promotion de la première pétition mais nous n’y avons pas eu recours pour deux raisons : nous ne travaillons pas comme cela et cette question ne mérite pas cela.

Pour relayer une idée, qui prend ici la forme d’une pétition, nous devons d’abord démocratiquement décider, au sein de notre parti politique, de notre position sur l’idée en question, nous ne voulons pas inventer des réponses ex nihilo pour naviguer là où souffle le vent, ce n’est pas notre crédo.

Par ailleurs, la question du handicap mérite d’être traitée avec respect : si nous acceptons de relayer une pétition, nous devons avant tout porter l’idée qu’elle soulève à notre programme.

Il y a quelques mois, l’individualisation de l’AAH aurait pu ne pas être poussée au Sénat si la première pétition n’avait pas recueilli assez de soutiens, aujourd’hui elle pourrait ne pas passer devant l’Assemblée nationale au regard de l’hostilité affichée par la Secrétaire d’État, Sophie Cluzel.

Pour nous, Pirates, cette idée n’est pas une idée à défendre une fois pour une occasion précise, mais tout le temps, quand bien même elle serait acceptée par le Parlement français. Aussi, cette idée mérite d’être inscrite en toutes lettres sur notre programme et portée au moins au même niveau que toutes les idées que nous avons choisi démocratiquement de porter dans notre engagement.

Nos droits sont si facilement remis en question…

C’est pour toutes ces raisons que le Parti Pirate a voté, au mois de janvier, la motion : « L’Allocation aux Adultes Handicapés : une aide individuelle », en précisant que l’individualisation avait toute son importance au regard d’une simple idée, inscrite au Code des Pirates et donc naturellement défendue par les Pirates : l’autonomie.

Les Pirates sont libres

Nous, Pirates, chérissons la liberté, l’indépendance, l’autonomie et refusons toute forme d’obédience aveugle. Nous affirmons le droit à nous informer nous-mêmes et à choisir notre propre destin. Nous assumons la responsabilité qu’induit la liberté.

Article 1, Code des Pirates1

Au risque donc d’enfoncer des portes ouvertes, nous maintenons qu’il est indispensable pour nous, Pirates, que les personnes qui reçoivent cette aide soient considérées comme des individus à part entière et non des « conjoints ou conjointes de ». La vie à deux n’est pas éternelle, mais la conjugalisation de cette aide rend la personne en situation de handicap dépendante de son ou sa partenaire.

Pour nous, Pirates, cette situation est inacceptable.

L’individualisation de cette aide est maintenant inscrite dans notre programme, dès lors nous pouvons en toute cohérence vous demander humblement de bien vouloir signer la pétition ouverte auprès de l’Assemblée nationale sur ce sujet, mais surtout nous pouvons vous affirmer que si, pour une raison ou une autre, parce que le Gouvernement actuel serait un peu trop obtus sur la question, cette aide n’est pas désolidarisée des revenus de la personne conjointe aujourd’hui, alors vous pourrez compter sur le Parti Pirate pour porter haut et fort ce combat.