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mai/10

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Sony arnaquerait ses clients PS3

Tandis qu’il y a peu un utilisateur britannique de la PS3 déposait une plainte pour non-respect des règles européennes, c’est au tour des Etats-Unis d’enregistrer les mécontentements des clients de Sony. Cependant, il s’agit cette fois-ci d’une plainte collective dite « class action » aux risques bien plus élevés car le coupable doit alors indemniser de très nombreuses personnes: quiconque s’estime léser peut rejoindre le plaignant initial.


Un choix désormais absent

C’est bien entendu le retrait de la fonction Other OS qui fait scandale: permettant de lancer un système d’exploitation alternatif comme l’indique son nom, cela autorise en fait Linux sur la console de jeux. Néanmoins, une faille de sécurité est dernièrement apparue via cette possibilité, et le géant nippon a préféré couper l’herbe sur le pieds aux hackers: selon Sony, il vaut mieux empêcher un client de profiter pleinement de son achat que de le voir dépasser les limites décidées par l’entreprise.


Le terme Linux est absent du manuel utilisateur, se défend Sony éhonté

En conséquence, la mise en jour du firmware (le logiciel au coeur de la machine) vers la 3.21, obligatoire, suscite l’ire de ces clients qui n’hésitent pas à affirmer que cela constitue une « violation des termes du contrat » qui a permis à Sony de « s’être injustement enrichie au détriment [des clients]« . Les arguments juridiques semblent en effet de taille, et pas moins de 17 pages expliquent clairement pourquoi cette suppression de Linux est véritablement « une pratique commerciale injuste et trompeuse qui a causé du tort à des millions de consommateurs« .

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Le traité prétextant la lutte contre la contrefaçon, mais aux menaces lourdes pour les droits et libertés fondamentales, vient d’être révélé par la Commission européenne. En proie à de très nombreuses critiques aussi bien de la part d’ONG comme la Quadrature du Net que du Parlement européen (une résolution avait dernièrement été votée à la quasi unanimité), la Commission s’est donc vu contrainte d’informer le public des agissements en coulisses. En effet, il s’agit là du texte issu du dernier tour de négociation, qui a eu lieu à Wellington entre le 12 et 16 avril 2010.


Les citoyens s’organisent contre ACTA

Bien que les premières lignes du texte indiquent qu’il ne s’agit pas des positions définitives des pays participants (les Etats-Unis et la France sont extrêmement actifs en ce domaine, face aux plus réticents Japon ou Nouvelle-Zélande), cette version est relativement conforme aux nombreuses fuites de ces derniers mois. Ainsi, la Commission européenne affirme que l’ACTA « sera pleinement en conformité avec la législation de l’union européenne actuelle. Cela signifie qu’elle est limitée à l’application des droits de propriété intellectuelle ». Toutefois l’essentiel n’est certainement pas de protéger les droits individuels: « l’ACTA donnera à notre industrie et à nos créateurs une meilleure protection sur les marchés étrangers, ce qui est essentiel pour que nos entreprises prospèrent » souligne Karel De Gucht, véritable VRP communautaire.


À contrario des cyniques ayants-droits, les défenseurs des libertés individuelles ne sont pas dénués d’humour

De fait, les menaces sont toujours d’actualité. La riposte graduée n’est absolument pas écartée puisqu’est suggéré « l’encouragement de l’établissement de lignes de conduite pour les actions qui devraient être prises » comme la « suspension de l’accès à l’information« . De même, le filtrage est une perspective tout à fait pertinente selon l’ACTA qui promeut « l’avertissement puis la mise à l’écart » de tout site pouvant amener à « de nouvelles infractions aux droits de la propriété intellectuelle ».

Bien entendu, on peut s’imaginer qu’il s’agit là d’une légitime volonté de protéger les artistes de ceux qui se font de l’argent sur leur dos, profitant des fruits du travail d’un autre, mais il n’en est rien. En vérité, il s’agit très explicitement de contrôler l’intégralité des échanges culturels à l’échelle mondiale, ce dont se targue sans détour le texte: « les infractions délibérées significatives au droit d’auteur ou aux droits voisins » doivent être punies très fermement (contrairement à ce qu’affirme par exemple la jurisprudence espagnole) quand bien même ils « n’ont aucun but lucratif direct ou indirect ». Le P2P, pourtant en soi légal, est directement visé car l’ACTA considère ce système humaniste comme du « piratage délibéré à échelle commerciale ».


Les députés libéraux européens, notamment ceux du Parti Pirate, refusent de laisser couler les droits individuels

En somme, ce texte qui bafoue les droits les plus importants est désormais défendu sur la place publique par de cupides ayants-droits, la Commission se drapant dans un légalisme aussi consternant que douteux face notamment à la Cour européenne des droits de l’Homme. Toutefois, il faut espérer que le Parlement européen, en vertu des pouvoirs que lui confère le récent traité de Lisbonne, saura s’opposer à ce texte liberticide.

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