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Jeux d’argents en ligne: le filtrage décomplexé
No comments · Posted by raphael in ACTA, Droit, LOPPSI
Le gouvernement français a annoncé au cours de l’hiver 2009 que l’hexagone respectera enfin les directives de l’Union Européenne en matière de jeux d’argents sur Internet. En effet, le Parlement est actuellement en train de voter la législation à ce sujet, mais le texte débattu en ce moment au Sénat est toutefois bien éloigné de l’esprit d’une libéralisation du secteur: au développement de l’économie numérique, les parlementaires semblent privilégier le soutien aux entreprises déjà en place et qui périclitent face à l’arrivée d’entrepreneurs talentueux.
De fait, l’ouverture à la concurrence a été plus qu’attaquée, tout d’abord à l’Assemblée nationale en première lecture, et plus encore aujourd’hui au Sénat: non seulement les conditions d’activité garanties par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) paraissent totalement hallucinantes à n’importe quel investisseur, mais en plus les sanctions prévues contre les sites contrevenants sont prohibitives de toute tentative d’offrir malgré tout un service à son juste prix.
Voici les détails: d’une part, les sites proposant des jeux d’argent devront se munir d’un agrément, c’est-à-dire de l’autorisation publique, pour la modique somme de 2000 à 15000 euros, mais d’autre part une somme annuelle de 10000 à 40000 euros sera aussi due, sans compter les 1000 euros 10000 euros pour renouveler l’agrément valable pour seulement cinq ans. Autant dire qu’avec un capital initial d’au moins 52000 euros jusqu’à 215000 euros pour les seules autorisations administratives, rares seront les entrepreneurs enclins à investir le marché français.
De plus, quiconque ne se soumettra pas en tout point sera passible de sanctions extrêmement sévères: l’agrément sera immédiatement retiré si tant est qu’il y en ai un, et l’auteur du délit ne pourra plus en recouvrer un avant cinq ans. Bien entendu, cela s’accompagne de très fortes amendes: la peine prévue est trois ans d’emprisonnement et 90 000 euros d’amende. Et si cela n’était pas assez dissuasif, c’est même aux droits civiques que s’attaquera le juge saisi par l’Arjel: interdiction d’exercer une fonction publique, commerciale ou industrielle, en d’autres termes c’est tout simplement la mise au ban de toute activité quelle qu’elle soit.
Mais mettre à terre les sites français ne suffira pas s’ils sont hébergés à l’étranger et administrés par des personnes y résidant. Alors, l’agrément ne pourra être reçu qu’avec le serveur « frontal » (là où toutes les données cruciales sont stockées) localisé en France. Mais les parlementaires sont conscients que cela ne suffira pas et décident de passer à l’étape supérieure: le site contrevenant sera tout simplement effacé de l’Internet français, conformément aux propos du Président de la République N. Sarkozy et du député UMP J. Myard appelant à « dépolluer le réseau » pour parvenir à un « Internet à la chinoise ». Pour cela, le site sera retirer des moteurs de recherche comme Google et un filtrage par DPI est envisagé, comme nous vous l’avions détaillé dans un précédent article. De même, tout régie publicitaire prise en train de promouvoir ou de financer ces sites d’argents en ligne seront sévèrement punis.
De très graves menaces se précisent désormais sur Internet, mais le législateur oublie un principe majeur: il s’agit littéralement d’un réseau international, où la législation française ne s’applique pas. Gageons que l’ACTA constituera sans doute une situation en accord avec la LOPPSI: le traité international relatif à la contrefaçon sera examiné au Mexique du 20 janvier 2010 pendant une semaine, tandis que la loi française instituant le filtrage via des listes-noires arrive à l’Assemblée nationale à partir du 9 février 2010. Il ne reste plus qu’à espérer que, contrairement aux sénateurs aujourd’hui, nos députés affirment la nécessité de publier les procès-verbaux au Journal officiel: l’arbitraire dépasse là des limites constitutionnelles sur lesquelles le Conseil Constitutionnel aura sans nul doute à statuer.
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Le cyber-sexe violent mais libre à nouveau dénoncé
No comments · Posted by raphael in LOPPSI
Je vous en parlai dernièrement à l’occasion de la LOPPSI, la chaude Chantal Brunel n’aime pas que deux adultes consentants se donnent du plaisir à grand renfort de fouets et autres coups sur les fesses. Cette fois-ci, elle exprime ses critiques contre une sexualité libre grâce à l’examen du projet de loi contre la violence faite aux femmes: elle affirme ainsi que « la cyberpornographie vérole Internet ». Le préfixe cyber pourtant inhérent à Internet montre bien qu’à défaut d’avoir des connaissances en la matière, les pléonasmes ne lui font pas peur: elle avoue par exemple que « les politiques sont désarmés par Internet et ne savent pas ce qu’il y a sur Internet ».

Brunel veut vraiment votre bien
Bien sûr, les femmes sont les nouvelles victimes d’Internet, avant votre chien qui sera sans aucun doute la suivante. Elle n’hésite pas à mettre de côté les « soumis »: le sadomasochisme, quel qu’en soit le degré de violence, est une pratique aussi bien masculine que féminine. Mais ces considérations ne sont pas à l’ordre du jour pour la grande défenseure des femmes qui n’hésitent pas à scander que votre fille, votre maman et même votre grand-mère peuvent devenir instrument à paluche pour des porcs dégoulinant d’obscénité (comprendre les Internautes). La même obscénité que ces réseaux sociaux qui permettent à des adultes de se rencontrer librement pour partager des envies de tous types, et qui sont dès lors des foyers de proxénètes.
L’exemple le plus débile pris par cette brave féministe est SecondLife: des joueurs peuvent y simuler des actes sexuels. Diantre, c’est choquant ! En voilà de la cyberviolence: ne joue pas en ligne, tu risquerai de t’y amuser, et en toute légalité qui plus est. Une aberration qu’il faut éliminer séant. Peu importe que les crimes sexuels sont déjà punis: la législation ne s’attaque actuellement qu’aux violences non consenties, mais pas à celles librement consenties par des citoyens. En témoigne ainsi le bannissement du territoire européen du jeu japonais très pervers RapeMe (« viole moi »), mais cela ne suffit pas car les citoyens ne savent bien sûr pas ce qui est bon pour eux.

Les femmes prennent le pouvoir
L’objet de ses interventions effrayantes est parfaitement explicite: le sexe violent, même légal et parfaitement accepté par tous les participants, n’est pas une liberté qu’il faut respecter. Il ne s’agit même pas de protéger l’utilisateur touriste qui est arrivé par mégarde sur un contenu qui lui semble inapproprié: il faut interdire ce contenu. C’est d’autant plus clair que Mme Brunel refuse la mise en place de cours pour avertir les enfants des dangers que peut constituer Internet pour eux. A la place, elle préfère faire doublon avec les cours d’éducations sexuelles et les cours d’éducations civiques.
Allez, faites vous plaisir en admirant une rhétorique trollesque digne de son alter-ego masculin F. Lefebvre (les deux journalistes sont elles aussi de véritables expertes d’Internet et du droit en général): « Internet cay le mal » .


