Archive for avril 2010
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Le liberticide ACTA enfin dévoilé au grand public
No comments · Posted by raphael in ACTA, Droit, Économie
Le traité prétextant la lutte contre la contrefaçon, mais aux menaces lourdes pour les droits et libertés fondamentales, vient d’être révélé par la Commission européenne. En proie à de très nombreuses critiques aussi bien de la part d’ONG comme la Quadrature du Net que du Parlement européen (une résolution avait dernièrement été votée à la quasi unanimité), la Commission s’est donc vu contrainte d’informer le public des agissements en coulisses. En effet, il s’agit là du texte issu du dernier tour de négociation, qui a eu lieu à Wellington entre le 12 et 16 avril 2010.

Les citoyens s’organisent contre ACTA
Bien que les premières lignes du texte indiquent qu’il ne s’agit pas des positions définitives des pays participants (les Etats-Unis et la France sont extrêmement actifs en ce domaine, face aux plus réticents Japon ou Nouvelle-Zélande), cette version est relativement conforme aux nombreuses fuites de ces derniers mois. Ainsi, la Commission européenne affirme que l’ACTA « sera pleinement en conformité avec la législation de l’union européenne actuelle. Cela signifie qu’elle est limitée à l’application des droits de propriété intellectuelle ». Toutefois l’essentiel n’est certainement pas de protéger les droits individuels: « l’ACTA donnera à notre industrie et à nos créateurs une meilleure protection sur les marchés étrangers, ce qui est essentiel pour que nos entreprises prospèrent » souligne Karel De Gucht, véritable VRP communautaire.

À contrario des cyniques ayants-droits, les défenseurs des libertés individuelles ne sont pas dénués d’humour
De fait, les menaces sont toujours d’actualité. La riposte graduée n’est absolument pas écartée puisqu’est suggéré « l’encouragement de l’établissement de lignes de conduite pour les actions qui devraient être prises » comme la « suspension de l’accès à l’information« . De même, le filtrage est une perspective tout à fait pertinente selon l’ACTA qui promeut « l’avertissement puis la mise à l’écart » de tout site pouvant amener à « de nouvelles infractions aux droits de la propriété intellectuelle ».
Bien entendu, on peut s’imaginer qu’il s’agit là d’une légitime volonté de protéger les artistes de ceux qui se font de l’argent sur leur dos, profitant des fruits du travail d’un autre, mais il n’en est rien. En vérité, il s’agit très explicitement de contrôler l’intégralité des échanges culturels à l’échelle mondiale, ce dont se targue sans détour le texte: « les infractions délibérées significatives au droit d’auteur ou aux droits voisins » doivent être punies très fermement (contrairement à ce qu’affirme par exemple la jurisprudence espagnole) quand bien même ils « n’ont aucun but lucratif direct ou indirect ». Le P2P, pourtant en soi légal, est directement visé car l’ACTA considère ce système humaniste comme du « piratage délibéré à échelle commerciale ».

Les députés libéraux européens, notamment ceux du Parti Pirate, refusent de laisser couler les droits individuels
En somme, ce texte qui bafoue les droits les plus importants est désormais défendu sur la place publique par de cupides ayants-droits, la Commission se drapant dans un légalisme aussi consternant que douteux face notamment à la Cour européenne des droits de l’Homme. Toutefois, il faut espérer que le Parlement européen, en vertu des pouvoirs que lui confère le récent traité de Lisbonne, saura s’opposer à ce texte liberticide.
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Lettre à M. Bruno Retailleau – Du mouvement pour la France, vraiment ?
No comments · Posted by raphael in HADOPI
Mise à jour du 12/05/2010: c’est avec plaisir que j’ai reçu cet email de notre cher sénateur, qui a d’ailleurs quitté le MPF de M. De Villiers le mois dernier. Je suis ravi de constater qu’un parlementaire profite des nouvelles technologies de l’information pour répondre au plus près à ses électeurs:
De : RETAILLEAU Bruno (b.retailleau@senat.fr)
Monsieur,
Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à mes activités, en
particulier le numérique.
Toutefois, je vous informe que je ne siègerai pas à la Hadopi.
Bien à vous
Bruno Retailleau
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Le scepticisme n’est donc plus de mise !
Lettre originale de ma part:
Bonjour Monsieur Retailleau,
Tout d’abord, je tiens à souligner à quel point j’ai suivi avec intérêt votre activité politique concernant le numérique, et j’ai noté non sans plaisir votre compétence quant à cette thématique. J’y ai notamment vu une sincère volonté de défendre les droits individuels tout en développant la compétitivité de nos entreprises nationales.
La tristesse était bien présente à l’annonce de votre mise à l’écart pour le Secrétariat au numérique, mais cette fois-ci c’est une véritable douleur qui m’assaille: j’ai appris, par ElectronLibre.info, que vous siègeriez bientôt au sein de la Hadopi, pourtant fossoyeuse de nos valeurs républicaines fondamentales.
C’est pourquoi j’aimerai que vous éclaircissiez vos concitoyens sur ce qui constitue un bien cynique retournement de veste: il s’agit à mon sens d’un geste qui encore une fois vous honorerait.
Je vous remercie par avance pour votre réponse,
Raphaël.
bruno retailleau · HADOPI · mpf · thiollières
Je pense que le Parti Pirate s’inscrit dans une logique de mondialisation dont on doit tirer le plus d’avantages pour tous: partageons l’avenir, n’est-ce pas ? C’est pourquoi il me semble important d’expliquer dans quel cadre nous pouvons le faire.
Bonne lecture de ces polémiques sur des organes et des mécanismes pourtant à même de défendre nos droits individuels:
- Le pouvoir des juges constitutionnels
- La fin de la souveraineté ?
- Mais qui sont donc ces économistes ? / Vers un changement de paradigme en économie
- Technosciences, un nouveau régime ?

conseil constitutionnel · cour supreme · crise financière · Économie · souveraineté
Les institutions européennes ne cessent depuis quelques semaines de protester contre l’Anti Counterfainting Trade Agreement (traité contre la contrefaçon): après le contrôleur européen à la protection des données (CEPD), c’est au tour du Parlement européen de s’attaquer à l’opacité d’un accord international plus que douteux.

La déclaration écrite pourrait aboutir à un débat entre le Parlement, la Commission et le Conseil européens
De fait, la CEPD a rendu un rapport très incisif: d’une part, les négociations se font dans le plus grand silence puisque même les représentants du peuple ne sont aucunement informés à la fois du contenu et des discussions; d’autre part, l’ACTA impliquerait une surveillance généralisée intolérable vis-à-vis des valeurs du Parlement européen (telle que la modération à priori des contenus, conséquence de la trop importante responsabilité des Fournisseurs d’Accès à Internet).
Alors, les députés ont naturellement confirmé ces solides critiques juridiques: non seulement la jurisprudence européenne sur la neutralité d’Internet sera bouleversée par des principes auxquels l’Union Européenne n’adhère pas (de la Cour Européenne des Droits de l’Homme à la Cour Européenne de Justice), mais en plus le texte viole les libertés individuelles en réprimant injustement l’usage non commercial des contrefaçons (en privilégiant le droit d’auteur sur la liberté d’expression et le droit à la vie privée).

Le député libéral Engstrom reçoit de plus en plus de soutien face aux violations des droits de l’individu
Ces réclamations légitimes concorde parfaitement avec les valeurs d’un Parlement européen qui entend bénéficier de ses nouveaux pouvoirs, conférés par le traité de Lisbonne (en particulier sa récente égalité avec le Conseil et la Commission), dans l’optique de garantir les droits de l’Homme et du Citoyen. Espérons qu’avec des personnages très réputés pour leur défense des libertés individuelles, comme son président Jerzy Buzek ou le représentant du Parti Pirate Christian Engstrom, le Parlement européen aura le courage de ne pas céder face aux industries culturelles sur le déclin.
ACTA · engstrom · fai · lisbonne · parlement · parti pirate · union européenne
Le Parti Pirate tente de dégager des idées ayant particulièrement trait aux libertés numériques, inhérentes à l’Internaute qui doit pouvoir bénéficier de l’intégralité des droits civiques sur Internet.
Or la défense des libertés individuelles étant malheureusement un repère absent de l’échiquier politique français, il semble délicat d’engager une position partisane (et surtout qui ne peut plus qu’être manichéenne) sur des étiquettes stériles.
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Qui a donc dit « notre parti au pouvoir, les autres partis en prison » ? Mais bien sûr tous les partisans. Et le moins qu’on puisse dire des partis traditionnels, c’est qu’ils ne sont pas longs à prendre eux-mêmes un parti. Or c’est toujours le même qu’ils ont la lâcheté de prendre : collectivistes, totalitaires, dévorants.
Et par là bien plus proches les uns des autres qu’ils ne se l’avouent. On s’étend volontiers sur l’opposition des partis, sur les abîmes qui les séparent, sur l’impossibilité où est un socialiste de comprendre un nationaliste. On remarque moins à quel point ils se ressemblent, s’accordent : et, si je peux dire, ne font qu’un.
Jean Paulhan – Lettres à un jeune partisan.
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