En réponse à l’article de Cwicket, j’ai publié ce commentaire: Du cycle du vie d’un Troll…. .
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Il faut maintenant arrêter d’essayer de débattre du fond de la question (même si la forme aussi est plus que discutable) avec ces trolls qui cachent si bien la forêt derrière eux. Forêt dont la lisière se profile chaque jour un peu plus.
Désormais, il paraît impératif de se concerter avec les acteurs de bonne volonté, qu’ils soient la société civile, des professionnels et même parmi notre représentation nationale. L’objectif n’est plus de démontrer que la philosophie actuelle du gouvernement et des industries dinosaures est fausse. Cela nous le savons tous, et il faut cesser de débattre sur quelques détails qui ne peuvent plus que diviser l’opposition.
En vérité, c’est une force de proposition qui doit émerger: tous ensemble, partisans du Libre et du commerce, nous devons montrer en quoi nos idées sont parfaitement applicables. Le partage d’oeuvre ne nuit pas aux artistes mais il est encore illégal, alors comment faire en sorte qu’il devienne légal tout en leur assurant une juste rétribution ? La neutralité du Réseau favorise la démocratie, en quoi peut-elle aussi optimiser l’innovation ? La liberté des Internautes soutien l’individu, jusqu’où développe-t-elle la collectivité ?
C’est en répondant aux questions politiques, économiques et sociales, plutôt qu’aux seuls polémiques philosophiques que les trolls 2.0 n’auront plus leur mot à dire, ou tout du moins plus personne pour les écouter.
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Une révolution est en marche, tout du moins dans le monde des Meuporg. Ryzom, un MMORPG (prononcez aime-aime-eau-air-paix-jet), c’est-à-dire un jeu de rôle massivement multijoueur en ligne, rentre enfin dans le cercle de plus en plus ouvert du Libre.
Face à ses difficultés financières qui ont déjà failli couler le navire en 2006, la communauté des joueurs ayant même tenté de racheter le jeu, l’éditeur et développeur Winch Gate Properties a en effet décidé de rendre le jeu entièrement open-source.
C’est donc aussi bien le code source (client, serveurs, outils) qui est disponible pour tous (sous licence GNU AGPLv3) que les données graphiques (textures, objets 3D, animations, effets de particules, … – sous licence Creative Common Paternité-Partage des Conditions Initiales à l’Identique).
Une nouvelle dont se réjouit la Free Software Foundation, qui n’hésite pas à affirmer qu’il s’agit « probablement de la contribution la plus importante pour les jeux Libres à ce jour ». Tempérons néanmoins l’élan des plus néophytes d’entre nous: seul le développement est librement accessible pour le moment, c’est-à-dire que le joueur lambda n’y verra pas de différence.
Mais en vérité, la communauté motivée de Ryzom devrait bientôt faire naître quelques serveurs alternatifs: « ce serait peut-être l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne délivrait que du code » scande le Framablog, fervent partisan de l’open-source.
free software foundation · fsf · libre · mmorpg · open source · ryzom · Winch Gate Properties
Morceaux choisis de cette excellente interview de Julian Le Grand, qui rappelle bien les fondements libéraux du Royaume-Uni, sur La Vie des Idées .
- Nous avons aussi mis en place les politiques dites de crédit d’impôt, qui tentent d’aider les travailleurs à bas salaires. Elles ont amélioré les choses, au sens où la hausse des inégalités aurait été bien pire sans ces mesures. Mais nous avons toujours ce problème fondamental, particulièrement en haut de l’échelle des revenus où il existe une fuite en avant – chez les dirigeants d’entreprise dans l’industrie, les banques, etc.
- Il était important de donner aux gens davantage de pouvoir et davantage de choix, afin qu’ils puissent choisir leur médecin, leur hôpital, ou l’école dans laquelle ils enverraient leurs enfants, à la fois parce que c’était une bonne chose en soi, et parce que cela incitait les écoles et les hôpitaux à s’améliorer.
- Il existe 4 « moyens » ou « modèles » organisationnels distincts – qui, en pratique, doivent être combinés – pour atteindre les finalités du service public :
1) La confiance accordée aux professionnels (médecins, enseignants…) chargés du service, à leur sens de l’intérêt général et à leurs motivations altruistes. Pour que le modèle fonctionne, il faut que ces derniers se comportent de manière « chevaleresque » (knights) plutôt que comme des « filous » (knaves qui veillent avant tout à préserver leurs propres intérêts.
2) La voie hiérarchique (command and control) : l’État donne des directives précises et des mécanismes permettant de contrôler leur application ; aujourd’hui cette méthode prend la forme du management « par objectifs » et fondé sur la performance (avec un ensemble d’incitations et sanctions pour que les professionnels atteignent les objectifs fixés).
3) La parole (voice) donnée aux usagers : il s’agit de mettre en place des mécanismes leur permettant de se plaindre lorsque le service est de mauvaise qualité, voire d’avoir leur mot à dire sur son organisation par le biais d’élections, afin de contrôler la qualité des prestations offertes par les professionnels.
4) Le choix et la concurrence : les usagers ont accès à une gamme de choix concernant la nature et le mode de prestation, mais aussi et surtout le prestataire lui-même. Différents prestataires possibles sont ainsi mis en concurrence pour obtenir les fonds publics, ce qui les incite à améliorer la qualité du service tout en étant plus efficaces dans l’utilisation des ressources.
- Il est très important de bien distinguer entre un quasi-marché et un véritable marché. L’une des principales différences est que, dans un quasi-marché, c’est l’État qui paye. Dans un vrai marché, les consommateurs viennent sur le marché avec leurs propres ressources, ce qui bien sûr ne peut mener qu’à l’inégalité, puisque certains consommateurs ont beaucoup plus d’argent que d’autres. Dans les domaines de la santé et de l’éducation en particulier, ceci n’est pas acceptable.
Voilà pourquoi nous mettons en place un quasi-marché où c’est l’État qui fournit l’argent, mais où le choix et la concurrence sont toujours présents, en utilisant cette fois des ressources publiques plutôt que des ressources personnelles.
Même si cela impliquait une légère érosion de l’ethos du service public, nous pensions que c’était probablement une bonne chose à faire.
- Je pense que la soutenabilité financière est en effet le principal problème des systèmes de santé en Europe continentale, même si de bien d’autres points de vue ces systèmes sont très bons.
- Il existe beaucoup de preuves empiriques venant d’autres secteurs – des secteurs industriels, dans de nombreux pays – qui démontrent que la seule manière de transformer réellement un secteur, d’augmenter sa productivité, est de faire entrer à la fois de nouveaux prestataires et de nouveaux types de prestataires.
- On m’a dit que c’était une politique très individualiste, pas collectiviste. Et je pense que c’est vrai, c’est probablement une politique individualiste, qui vient d’une tradition philosophique qui consiste à transférer le pouvoir de l’État aux individus et aux familles. Je dois dire, cela étant, que beaucoup de politiques éducatives sont tout aussi individualistes. L’éducation est souvent présentée comme étant marquée du sceau du collectivisme, mais en réalité elle consiste en grande partie à accroître le stock de capital humain de l’individu. Le « child trust fund » accroît aussi le stock de capital, mais cette fois le capital physique ou financier plutôt que le capital humain. Donc je crois qu’en ce sens, ces politiques visent toutes deux à améliorer la capacité des individus à prendre leurs propres décisions et à augmenter leur autonomie, seulement elles concernent des actifs différents – le capital humain et le capital financier. Dans tous les cas, il s’agit d’essayer de donner du pouvoir aux individus, aux ménages ou aux familles, et d’améliorer leur capacité à exercer ce pouvoir. Mais il n’y a pas à s’en excuser. Je pense que c’est une bonne chose dans les deux cas.
- Il y aurait un transfert du risque. Cela renvoie à une autre innovation de politique sociale dont nous n’avons pas encore parlé, l’idée des « budgets individuels ». C’est dans cette direction que nous nous orientons, particulièrement dans le domaine médico-social – c’est-à-dire des soins et des services d’aide à l’autonomie des personnes âgées. Au lieu de leur proposer directement un service fourni par l’État, nous leur donnons de l’argent, un budget, pour qu’ils puissent acheter des services eux-mêmes. L’idée est de leur donner davantage de pouvoir sur les services qu’ils reçoivent afin qu’ils prennent leurs propres décisions quant à la nature de ces services et à leurs modalités.
Et dans une certaine mesure, je pense que c’est le prix à payer. Tout bien considéré, transférer la responsabilité est une bonne chose. Nous aurons toujours besoin, c’est inévitable, d’un filet de sécurité. Ce serait impossible – et d’ailleurs, je ne le recommanderais pas – de transférer l’ensemble des budgets sociaux à l’individu. Il y aura toujours des cas où les individus font des erreurs, ou se comportent de manière franchement irresponsable en gaspillant leur budget par exemple. Nous aurons toujours besoin du soutien de l’État pour assister ces personnes.
- En fait, j’aimerais combiner l’impôt sur les successions avec le « child trust fund », c’est-à-dire utiliser les revenus de cet impôt pour financer un fonds qui répartirait la richesse également, si bien que la richesse de toute une génération serait distribuée également au sein de la génération suivante.
blockquote>- Créer un « permis de fumer » que tout fumeur devrait acquérir chaque année: ceux qui veulent acheter du tabac auraient besoin d’un permis pour cela. L’obtenir ne serait pas nécessairement difficile, ils devraient seulement se rendre à un guichet public. L’un des effets collatéraux serait que l’on vérifierait à cette occasion s’ils ont 18 ans. Ils auraient peut-être à payer une petite somme d’argent, ou peut-être pas, mais chaque année, ils devraient prendre la décision de rester fumeur. Et ils ne pourraient plus violer leur bonne résolution du nouvel an seulement en se rendant au supermarché du coin pour s’acheter un paquet de cigarettes. Voilà un moyen d’utiliser les idées issues de l’économie comportementale sur « l’opt-in » et « l’opt-out ».
C’est du paternalisme libertaire. C’est beaucoup moins paternaliste qu’interdire de fumer dans les lieux publics par exemple. Il ne s’agit pas d’interdire quoi que ce soit : les gens peuvent toujours fumer, mais cela devient juste un peu plus difficile de le faire.
- Les nouvelles politiques ne sont jamais appuyées par des résultats empiriques solides. Elles peuvent certes être soutenues par quelques résultats, de manière détournée, mais il est impossible qu’elles le soient entièrement, justement parce qu’elles sont nouvelles.
Le problème, c’est qu’il s’agit d’une position nihiliste, car cela signifie que vous ne ferez jamais rien de nouveau. Et il me semble que ce qu’il faut faire dans ce type de circonstances, c’est s’appuyer bien plus sur la théorie.
Je pense que l’on peut construire un argumentaire respectable sur des fondements théoriques même lorsque des preuves empiriques solides n’existent pas, permettant d’affirmer qu’il y a de bonnes raisons de penser que tel ou tel dispositif fonctionnerait.
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La censure des jeux d’argents en ligne définitivement légale
No comments · Posted by raphael in Droit, Économie
Conformément aux craintes que nous exprimions depuis le début de la procédure parlementaire, puis notre déception une fois la loi adoptée, ce ne peut qu’être avec résignation qu’est accueillie la décision du Conseil constitutionnel de valider la loi relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.

Une saisine uniquement pour s’opposer, sans aucun argument valable
Très exactement comme nous vous l’annoncions, les griefs formulés par l’opposition au juge suprême de notre pays n’étaient ni politiquement légitimes ni juridiquement suffisants. Tout d’abord c’est l’esprit global de la loi qui était attaquée, puisque le collectivisme y voit une perversion contraire aux valeurs de la République, ce qui est bien évidemment réfuté: l’attitude du législateur « n’est pas manifestement déséquilibrée entre le principe de la liberté d’entreprendre et l’objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public« .
Plus précisément, la défense des citoyens susceptibles de sombrer dans la ruine financière et morale semble assurée: « imposent aux opérateurs de jeux, d’une part, de faire obstacle à la participation des personnes interdites de jeu et, d’autre part, de mettre en place différentes mesures destinées à prévenir et lutter contre l’assuétude« , mais aussi interdiction aux mineurs et du jeu à crédit.

Une question prioritaire de constitutionnalité plus pertinente n’est même plus possible
Enfin, « la différence de taxation entre les paris hippiques et sportifs en ligne, d’une part, et les jeux de cercle en ligne, d’autre part [...] n’introduit aucune rupture caractérisée devant les charges publiques ». Il n’y a donc pas inégalité de traitement entre les citoyens, et l’unique article de cette décision peut conclure sans fioriture que les articles attaqués « sont conformes à la Constitution ». Il ne reste donc plus qu’à atteindre la promulgation au Journal Officiel, et la loi pourra s’appliquer sans encombre pour la Coupe du monde de football qui commence en Afrique du Sud le 11 juin prochain.
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Diverses considérations, hiérarchisées, écrites cet automne alors qu’Hadopi pointait le bout de son affreux nez fouinard:
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