le blog de Maxime Rouquet | Parti Pirate

fév/11

14

Mon papa à moi est un gangster

La loi dite "Création et Internet", plus connue sous le surnom de HADOPI, a été votée il y a bientôt un an et demi, et j'ai toujours le même avis que celui que j'exposais fin 2009 : elle n'arrêtera pas le partage de fichiers, à moins de devenir "Big Brother".

À l'origine la loi dite HADOPI 1 était construite pour sanctionner le partage d'œuvres protégées par un droit d'auteur, en évitant les lourdes procédures qui avaient fait de son ancêtre DADVSI un échec cuisant. Prouver que le titulaire de l'accès à Internet était bien l'auteur des infractions détectées impliquait en effet une procédure très lourde (perquisition, saisine et analyse des ordinateurs, extorsion d'aveux, etc…) pour une condamnation souvent faible en comparaison des moyens mis en œuvre.

Comme les juges refusaient de condamner sans preuves et qu'un relevé d'adresse IP n'en est pas une, la HADOPI 1 a tenté de contourner le passage devant un tribunal en remettant les pleins pouvoir de sanction à une autorité administrative soi-disant indépendante, qui donna son surnom au projet de loi, et n'aurait pas eu à s'embarrasser de scrupules

La décision du Conseil constitutionnel de juin 2009, imposant le passage par un juge pour couper l'accès à Internet, a complètement anéanti cette capacité de sanction à la chaîne sans réel procès équitable.

Afin de ne pas perdre totalement la face, une loi HADOPI 2 a été réalisée en urgence, se concentrant sur une autre approche : puisqu'il est trop compliqué de prouver que c'est le titulaire de l'accès à Internet qui a partagé un fichier, condamnons-le pour avoir fait preuve de négligence et avoir laissé son accès être utilisé pour partager ! C'est pourquoi la HADOPI ne vous accuse pas d'avoir "téléchargé", mais d'avoir manqué à votre "obligation de surveillance".

Passons sur l'aberration d'une telle approche, la sécurité absolue étant encore plus utopique pour votre accès à Internet que pour votre voiture ou votre maison. Notons simplement au passage que si les banques ou les ministères sont capables d'une sécurité relative très élevée, ils sont bien moins nombreux à offrir l'accès à leur réseau interne en Wi-Fi, car ils seraient bien incapables de le sécuriser ; mais ça n'empêche pas le gouvernement de vous demander un tel niveau pour votre accès à Internet personnel…

Là où ce qu'il reste de la HADOPI pourrait se transformer en "Big Brother", c'est dans la labélisation des logiciels de sécurisation dont l'autorité administrative a la charge. En effet, soit la HADOPI publie une liste de moyens de sécurisation réalistes (clé WPA plutôt que rien ou une vieille clé WEP pour votre réseau WI-FI, etc…) et tout le monde pourra passer facilement sous son radar. Soit elle ne labélisera que des logiciels qui, sous prétexte de "surveiller" que votre réseau ne soit pas détourné, espionneront tous vos faits et gestes et les rapporteront à une personne morale (organe de l'État, société privée…)

Il s'agira alors d'un nouveau combat contre l'évolution de la HADOPI. Mais je suis relativement confiant : la pilule aurait du mal à passer, surtout si elle était payante ! Et je vois mal les promoteurs d'un tel système, qui ont tout de même réussi à le faire ajouter dans la loi, se résoudre à le distribuer gratuitement… Au final, la voie choisie semble être une troisième, pas si surprenante : on ne publie rien, on fait semblant qu'on n'en a pas besoin,  on étouffe cette histoire de labélisation, et on secoue très fort la tête si on nous pose des questions.

La HADOPI a donc commencé à envoyer ses premiers mails d'avertissement avant d'avoir publié les moyens pour les internautes de s'en préserver. On nous lance des chiffres impressionnants à la figure, mais pour le moment il y a très peu de retours. Est-ce encore du bluff, comme au moment du vote de la DADVSI, quand les sociétés privées qui gèrent les droits de l'industrie du divertissement ont traîné sur la place public quelques pauvres bougres pour en faire des exemples, mais se sont arrêtées après une poignée d'affaires ?

Ces chiffres de dizaines de milliers de mails sont largement gonflés, et jusqu'à il y a peu, je n'avais connu personne qui en ait reçu un seul — à l'exception de Pascal Nègre qui a affirmé devant moi et Paul Da Silva que c'était le cas de la belle-sœur de je ne sais plus lequel de ses employés (un truc comme ça)… ça faisait léger.

Et là, surprise ! Mes parents m'appellent il y a quelques jours pour me demander si je ne connais pas la meilleure : ils ont été flashés ! Eux qui ne sauraient même pas utiliser un logiciel de partage de fichier, et dont j'ai correctement sécurisé l'ordinateur et le réseau WI-FI (pour précisément éviter qu'ils ne soient ennuyés plus qu'ils ne l'ont déjà été en raison de ma "carrière" politique)… Surpris par cette nouvelle, je l'ai twittée, en demandant au passage des sources pour vérifier l'authenticité du mail.

Guillaume Champeau de Numérama m'a rapidement renvoyé vers un modèle de lettre, et surtout vers une page de forum où il propose un modèle de réponse (que j'étais entre-temps déjà en train de lire puisqu'elle est en lien depuis Hadopi-Data.fr). Plus surprenant, Éric Walter, secrétaire général de la HADOPI, m'a envoyé une sorte de RTFM en me communiquant tout simplement un lien vers la page du site de la HADOPI expliquant comment reconnaître qu'un mail est authentique. Je lui ai demandé en retour le lien vers la liste des spécifications fonctionnelles pertinentes pour la sécurisation de son accès à Internet que la HADOPI doit rendre publique ; j'attends toujours sa réponse… En attendant, j'ai préparé celle de mes parents (merci encore Guillaume !) et je vais de ce pas remplir ma ficher sur Hadopi-Data.fr.

Pour ce qui est de ce relevé d'adresse IP, je peux affirmer avec certitude qu'il s'agit soit d'un "faux positif", soit d'un petit malin qui a récupéré le mot de passe du réseau WI-FI (ou FreeWifi ?), ce qui n'est je le rappelle qu'une question de temps en fonction du chiffrement que l'on choisit (en l'occurrence, le meilleur). En tous les cas, ça n'a pas plu à mes parents d'être poursuivis par la HADOPI alors qu'ils ne partagent pas… Il a fallu un peu de patience pour leur faire comprendre les tenants et aboutissants du fait qu'on ne les accuse pas d'avoir "téléchargé", mais de ne pas avoir empêché que quelqu'un le fasse avec leur adresse IP (et ce même si c'est impossible).

La HADOPI détrompe donc Stomy Bugsy (dont j'ai volé le titre de chanson pour cet article) : non, le droit chemin n'est pas "le seul par lequel on ne se fait jamais attraper". Peu importe que vous n'ayez jamais rien fait de répréhensible ni partagé d'œuvres sur Internet, vous serez tout de même poursuivi.

Lorsque j'ai raconté ça autour de moi, certains m'ont sorti les inévitables théories du complot : et si l'accès de mes parents avait été choisi parmi les nombreuses adresses IP récupérées (sur courrier papier, bien joué Free), pour en fait me viser moi ? Cette hypothèse me semble tirée par les cheveux, même si l'élection dans les Yvelines n'est pas passée totalement inaperçue, et que je suis toujours inscrit au bureau de vote là-bas alors que je vis la semaine à Paris pour mon travail.

À la rigueur, la HADOPI ayant besoin de pub, elle espère peut-être qu'en attrapant un "pirate" elle fera croire qu'elle est efficace ; puisque tout ce qu'elle peut pour le moment c'est faire peur. Alors, oui, les premiers avertissements arrivent ; mais le seul exemple concret que j'ai observé correspond à des citoyens qui n'ont pas partagé l'œuvre en question, et ont de plus protégé leur accès à Internet. Peu importe que vous soyez innocent, ça peut vous tomber dessus, on en a maintenant confirmation… Pas terrible comme image, non ?

Je reste donc convaincu que la riposte graduée ne fonctionnera jamais réellement, grâce au passage obligé par le juge — garant du respect des droits fondamentaux à commencer par la présomption d'innocence — qui refusera de couper l'accès de quiconque sans suffisamment d'éléments. Je suppose qu'il y aura bien quelques coupures ; mais, de la même manière que la DADVSI n'a été appliquée qu'après une procédure lourde, la HADOPI fera au plus un ou deux exemples avec des malheureux ayant par exemple avoué être les auteurs des téléchargements signalés. Et ce sera tout.

La HADOPI était un échec dès les travaux d'Olivennes en 2007, ça n'a pas changé aujourd'hui, et ce n'est pas en augmentant ses envois de spam qu'elle remontera dans mon estime.

Et pendant toutes ces années, les artistes et les auteurs continuent de se faire exploiter par un système obsolète, maintenu sous perfusion avec l'argent du contribuable. De nouveaux intermédiaires se mettent en place, profitant de la législation anti-partage, et se taillent la part du lion sans rien reverser aux artistes et aux auteurs. Et les gardiens de la paix chargés de traquer les vrais criminels (terroristes, pédophiles…) ont bien du mal à les repérer maintenant que des centaines de milliers d'internautes chiffrent leurs connexions pour s'échanger de simples morceaux de musiques ou des films…

Félicitations, M. Sarkozy.

NB : et le petit malin qui a détourné l'adresse IP de mes parents aurait pu choisir autre chose que le film Night and Day, j'ai l'air de quoi, moi, maintenant ?

No tags

Le Conseil constitutionnel vient de publier sa réponse à une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) portant sur le mariage entre personnes de même sexe, en jugeant la loi en vigueur – qui date tout de même de Napoléon – conforme à la Constitution. La charmante Tris Acatrinei, juriste habituée au contentieux constitutionnel, en détaille avec précision les raisons sur son blog.

En octobre dernier, le Conseil constitutionnel s'était déjà prononcé sur la question de l'adoption par les couples homosexuels : l'un des conjoints peut ainsi avoir un enfant ou en adopter un, les deux peuvent l'élever ensemble, mais ils ne peuvent faire reconnaître légalement de lien entre l'enfant et le second parent sans être mariés. Cela ne résolvait pas le problème puisque, justement, le mariage est réservé aux couples hétérosexuels.

J'avais laissé une chance au Conseil constitutionnel à l'époque : en effet, celui-ci ne pouvait se prononcer sur la question de la conformité du mariage à la Constitution. C'est chose faite aujourd'hui, et la décision confirme pour moi deux points graves.

En premier lieu, le Conseil constitutionnel l'avait annoncé en octobre, mais la décision d'aujourd'hui ferme totalement la porte : le droit de mener une vie familiale normale, qui fait partie des droits fondamentaux que préserve le Conseil, n'implique pas le droit à l'établissement d'un lien de filiation adoptive. En clair, vous êtes libre d'élever des enfants ensemble, mais l'Etat n'a pas à le reconnaître légalement… J'y reviendrai par la suite.

En second lieu, et c'est là le plus choquant, le Conseil constitutionnel a accepté la discrimination des couples homosexuels. Je cite dans le communiqué de presse ce que le Conseil a refusé de censurer : la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme pouvait justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille.

Pour les "Sages", il n'est donc définitivement pas contraire aux droits de l'homme de traiter une famille différemment parce qu'elle est homoparentale.

En cherchant plus loin, on constate que même si le dossier pour cette QPC avait été mieux préparé, il y a une incertitude jusque dans les Droits de l'homme à ce sujet. En effet, au premier paragraphe de l'article 16 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, on précise bien que ce sont l'homme et la femme qui ont le droit de se marier et de fonder une famille. Alors qu'à l'article 2, on annonçait pourtant que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment [...] de sexe. Les deux sont en contradiction…

Quoi qu'il en soit, il n'y a plus d'espoir que le Conseil constitutionnel sanctionne le fait que les couples de même sexe n'aient pas les mêmes droits que les couples hétérosexuels, et c'est bien dommage. Il faudra probablement attendre encore plusieurs années, que la population y soit plus favorable, pour qu'une majorité de nos parlementaires ait le courage de faire cette réforme.

Avec chacune de ces années, le Parti Pirate aura pris de l'importance. Il est donc possible que des députés portant les idées du Parti Pirate fassent partie de ceux qui rétabliront un jour au Parlement l'égalité entre les couples devant la loi. (Ce que je regrette sincèrement pour la population homosexuelle, car si c'est le cas vous aurez attendu bien trop longtemps).

J'ai déjà proposé au PP de prendre position sur ce sujet : nous défendons les libertés et droits fondamentaux, ce devrait être l'un de nos combats. Le Parti Pirate allemand est déjà allé plus loin, en proposant de remplacer le mariage entre un homme et une femme par une sorte de reconnaissance du foyer : il peut y avoir deux ou plusieurs adultes qui, quel que soit le sexe de chacun, élèvent ou non ensemble des enfants. Et l'Etat devrait reconnaitre ce lien, tout simplement. J'ai déjà fait ajouter ce point dans les propositions à débattre de notre programme en cours de rédaction et j'espère que nous suivrons l'exemple des allemands.

Je me rends compte que je n'ai pas encore vraiment défendu cette réforme du mariage. Je vais donc terminer là-dessus.

Je commencerai par préciser que, si vous êtes contre le mariage entre personnes de même sexe car vous ne pensez pas qu'un couple homosexuel puisse élever correctement des enfants, je ne suis pas de votre avis ; mais ça n'a aucune espèce d'importance, car c'est hors sujet. En effet, rien n'empêche un couple de même sexe d'élever ensemble des enfants, qu'ils soient mariés ou non.

Ce qui changerait, ce serait par exemple pour un enfant élevé par deux mamans dont l'une décéderait : il serait protégé, alors qu'actuellement il aurait "une chance sur deux" de n'avoir plus aucun lien légal avec son autre maman et serait confié par exemple à des grands-parents, qu'il n'aura peut-être jamais vus s'ils s'étaient brouillés avec leur fille lesbienne…

Donc, si votre préoccupation est le bien des enfants, vous devriez laisser les parents se marier ensemble quel que soit leur sexe.

Et je rappelle à tout hasard qu'en France on n'adopte pas un enfant comme un animal de compagnie : il y a beaucoup de demandes, et les assistantes sociales ne distribuent pas des bébés au premier venu. Et je fais bien plus confiance à un certain nombre de couples homosexuels qu'à beaucoup de couples hétérosexuels. Alors, pourquoi leur fermer totalement la porte ?

Je n'ai pas non plus envie de m'étendre autour de la tradition religieuse liée au mariage : la France est un pays laïque. S'il reste quelque chose de religieux dans le mariage civil, alors, qu'on s'en débarrasse. Dans le cas contraire, nous n'avons pas à perpétuer des discriminations en raison de traditions religieuses, quelle que soit la religion concernée.

Enfin, je pousserai cette notion de tradition encore plus loin en appelant à remettre également en cause la notion de parentalité biologique. En effet, les deux membres d'un couple hétérosexuel, mariés ou non, sont reconnus comme parents d'un enfant pour peu qu'il soit issu de la fusion entre un spermatozoïde de monsieur et un ovule de madame. Or, dans un certain nombre de cas, l'un des parents peut abandonner l'autre partenaire avec leur(s) enfant(s). Il est anormal qu'il conserve systématiquement des droits comme parent au niveau légal.

C'est un problème qui touche aussi les couples hétérosexuels, où l'un aura bien du mal à être reconnu légalement parent de l'enfant de l'autre pour peu qu'il existe un premier parent biologique. Ne serait-ce que dans les cas où les deux parents biologiques sont mariés et où l'un a abandonné l'enfant, mais refuse toute procédure à commencer par celle de divorce.

Nous avons conservé cette tradition du parent biologique et, à ce que je sache, il n'y a pas de moyen aisé d'en déchoir un de son lien légal avec un enfant. Il faudrait également remettre cela en question.

Tous ceux qui s'intéressent au sort des enfants devraient comprendre que ces derniers gagneraient à ce que la loi soit révisée, pour faire passer la protection de la famille avant celle de la tradition, et la reconnaissance de l'amour avant celle du lien du sang.

No tags

Ces derniers mois, les lois et décrets portant atteinte aux Droits de l’Homme se sont multipliés. La burqa est probablement le sujet dont on parle le plus, mais trop sont tout aussi préoccupants.

Ainsi un décret, que notre Ministre de la Justice vient de soumettre au Conseil d’Etat, prévoit une contravention de cinquième classe (1.500€ d’amende) pour punir le fait de dégrader ou d’utiliser de façon indécente le drapeau tricolore dans un lieu public ou ouvert au public, ou encore de diffuser la représentation de ces faits.

Comme d’habitude, la réflexion mesure n’a pas été la caractéristique principale du Gouvernement dans cette affaire. Le Conseil Constitutionnel, qui s’est prononcé sur l’article 113 de la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure, avait déclaré conforme à la Constitution ce qui est devenu l’article 455-3-1 du code pénal :

Le fait, au cours d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d’amende.

Lorsqu’il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Cependant, la lecture de sa décision est très instructive pour le cas qui nous intéresse ici. Extraits choisis :

101. Considérant, d’une part, que l’article 10 de la Déclaration de 1789 dispose que  » Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi  » ; qu’en vertu de l’article 11 de la Déclaration :  » La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi  » ;

104. Considérant que sont exclus du champ d’application de l’article critiqué les oeuvres de l’esprit, les propos tenus dans un cercle privé, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organisées par les autorités publiques ou non réglementés par elles ; que l’expression  » manifestations réglementées par les autorités publiques « , éclairée par les travaux parlementaires, doit s’entendre des manifestations publiques à caractère sportif, récréatif ou culturel se déroulant dans des enceintes soumises par les lois et règlements à des règles d’hygiène et de sécurité en raison du nombre de personnes qu’elles accueillent ;

106. Considérant qu’il résulte de ce qui précède que, sous la réserve d’interprétation énoncée au considérant 104, l’article 113 de la loi déférée n’est pas contraire à la Constitution ;

C’est on ne peut plus clair : l’amende prévue par le décret de notre ministre s’appliquerait à la diffusion de la représentation dégradante ou indécente du drapeau tricolore, ce qui constituerait une œuvre de l’esprit. Elle ne bénéficie donc pas de la réserve d’interprétation énoncée par le Conseil Constitutionnel.

Ce décret est donc contraire aux articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

Et heureusement. Si aujourd’hui, on pouvait nous interdire de nous moquer de notre drapeau, qu’est-ce qui empêcherait de faire une démarche similaire pour notre Président ou nos ministres ? Il ne serait pas normal d’attaquer les caricatures de Nicolas Sarkozy pour « dégradation » ou « utilisation indécente » ; ce n’est pas plus normal pour un symbole, fût-il celui de la patrie.

Que ce soit notre drapeau ou la France, aucun n’est au-dessus des droits fondamentaux.

Le Conseil d’Etat devrait y mettre bon ordre, mais c’est quand même un comble de voir le peu de considérations qu’a le Gouvernement actuel pour les Droits de l’Homme, dès qu’il touche à un symbole comme le drapeau ou la burqa.

Son attitude au sujet du voile islamique me dérange encore plus. Là, il n’y a aucune excuse. Le Conseil d’Etat a remis au Premier Ministre le 30 mars dernier une étude relative aux possibilités juridiques d’interdiction du port du voile intégral. Il a d’abord rappelé que le voile intégral était déjà prohibé ou dissuadé dans plusieurs cas. Il contient ensuite et surtout une partie 2 intitulée :

Une interdiction générale du port du voile intégral en tant que tel ou de tout mode de dissimulation du visage dans l’ensemble de l’espace public serait exposée à de sérieux risques au regard de la Constitution et de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales.

Enfin, il donne quelques pistes pour étendre les restrictions actuelles, tout en demeurant en conformité avec la Constitution.

Mais le Gouvernement va ignorer cet avertissement. La raison en est simple : on se moque complètement de faire une loi contraire aux Droits de l’Homme et aux Libertés Fondamentales. De toute façon, elle est là pour se faire de la publicité, et ne sera jamais appliquée.

Je m’explique : si le Gouvernement s’était contenté d’une amende pour dissimulation du visage sur la voie publique, il aurait pu la faire passer par un décret. Seulement voilà, les décrets sont soumis à la validation du Conseil d’Etat… Et vu ce qu’il en pense, il est clair que ça ne passerait pas.

Reste la voie législative, le Parlement. Là la censure n’est pas obligatoire : en effet, il faut que 60 députés ou 60 sénateurs saisissent le Conseil Constitutionnel pour que celui-ci se prononce sur une loi. Et à part le groupe UMP, il n’y a que les socialistes à disposer d’autant de voix dans ces chambres.

Or, les socialistes craignent, en défendant les Droits de l’Homme et les Libertés Fondamentales et en demandant une censure — qui s’annonce évidente — par le Conseil Constitutionnel, la méprise du public. Ce n’est pas la liberté de se vêtir à sa guise qu’on les remerciera d’avoir protégée, c’est la burqa qu’on leur reprochera d’avoir défendue.

Donc, au final, une saisine du Conseil Constitutionnel est très peu probable. Le Président du groupe SRC à l’Assemblée Nationale a même déjà annoncé que son groupe ne l’effectuerait pas (avant même de connaitre le texte de loi final).

Seulement voilà, une fois la loi votée et les cris de victoire poussés dans les média, n’espérez pas voir appliquée une seule amende. En effet, s’il y a bien une chose que l’on peut se féliciter d’avoir obtenu de la présidence de Nicolas Sarkozy, c’est la Question Prioritaire de Constitutionnalité.

Depuis quelques semaines, chaque citoyen peut ainsi demander, avant d’être jugé pour avoir enfreint une loi, à ce que le Conseil Constitutionnel se prononce sur la validité de celle-ci. C’est un énorme progrès pour tous les citoyens, qui ne sont plus soumis au bon vouloir des deux partis majoritaires.

C’est aussi la clé de l’échec de la loi sur la burqa. En effet, si un gardien de la paix s’avisait de mettre une amende à une femme voilée (ou tout citoyen portant une cagoule, des lunettes de soleil, ou arborant une mèche de cheveux lui dissimulant le visage…), il lui donnerait alors la possibilité de contester, de passer devant le juge et de réclamer et probablement d’obtenir la censure de la loi « anti burqa ».

Si cette loi passait, et les chances sont grandes, le Ministère de l’Intérieur s’empresserait de transmettre comme consignes à nos « forces de l’ordre » de ne surtout pas l’appliquer, sous peine de la voir censurée.

C’est ainsi que notre Gouvernement piétine allégrement les Droits de l’Homme et les Libertés Fondamentales. Et au final, quand ça n’est pas carrément censuré, c’est tout simplement inapplicable.

No tags

fév/10

9

Dégoût

J’ai voudrais ce soir exprimer mon sentiment par rapport à un article de la loi LOPPSI, qui sera discutée à partir de demain à l’Assemblée Nationale. Cet article, qui met en place le filtrage des sites de pornographique infantile, s’annonce comme un rempart contre la pédo-criminalité (ce que je ne pourrais qu’approuver), mais ne m’inspire au final que du dégoût.

Dégoût, parce qu’il ne s’agit que d’une politique de l’autruche. Des photos et des vidéos d’enfants violés ? N’ayez crainte, l’Etat vous empêchera de les voir… ça leur fera une belle jambe.

Dégoût, parce que ce type de filtrage est déjà contourné, ce qui est une chance quand on est chinois ou iranien, mais pas dans le cas d’une lutte contre la pédo-criminalité.

Dégoût, parce que ces moyens de contournement qu’emploieront de plus en plus les pédophiles seront beaucoup plus difficiles à détecter pour les forces de l’ordre.

Dégoût, parce que les distributeurs de contenus pédo-pornographiques, les vrais responsables de l’existence d’un « marché » de la pédophilie en ligne, utilisent déjà des structures impénétrables et résistantes à ce type de filtrage, et ne seront donc en rien inquiétés.

Dégoût, parce que l’extension du filtrage aux œuvres protégées par le droit d’auteur (que réclamera évidemment l’industrie du divertissement) aura pour effet principal d’attirer ceux qui partagent des fichiers vers les réseaux souterrains mis en place pour la pédo-pornographie. Au lieu de revenir aux créateurs, comme ce serait le cas avec un système de financement mutualisé, l’argent part aujourd’hui dans des abonnements à des sites de téléchargement direct ou de streaming, et demain de plus en plus à ces réseaux mis en place par des trafiquants d’images et de vidéos d’enfants maltraités.

Dégoût, parce que ce filtrage facilement contourné coûtera plusieurs centaines de millions d’euros, et qu’au lieu de mettre en place une ligne Maginot on pourrait financer de nombreuses enquêtes, qui permettraient d’arrêter ceux qui produisent ces contenus en maltraitant des enfants.

Toutes ces affirmations n’ont pas été pour moi une découverte : je savais comment fonctionnent les systèmes permettant — entre autres — le contournement du filtrage (proxys, VPN, réseaux anonymisants…), ou la prise de contrôle des ordinateurs des particuliers pour récupérer des informations bancaires, louer des serveurs sans laisser de trace, ou encore envoyer du spam (au moyen des fameux virus et autres trojans…).

Néanmoins l’ouvrage « Confession d’un pédophile, l’impossible filtrage du web« , et notamment l’enquête de Fabrice Epelboin sur le commerce de la pédophilie en ligne de 2000 à 2010 qui en constitue la première partie, m’a permis de découvrir à quel point les réseaux pédophiles étaient au cœur des systèmes commerciaux résistants au filtrage. Vouloir filtrer le web revient à commettre la même erreur que la Prohibition aux Etats-Unis au siècle dernier : en essayant de faire cesser une pratique (la consommation d’alcool) alors que les plus dangereux trafiquants disposaient des réseaux souterrains pour contourner la loi, l’Amérique a en réalité fait la fortune du crime organisé et implanté la mafia en lui écartant toute concurrence.

Les autres interventions dans l’ouvrage sont également instructives, je citerai notamment Hervé de Recoupe, ancien directeur d’enquête de la gendarmerie, qui conclut son intervention ainsi : « Le fait de tenter ce filtrage n’aura selon moi qu’une seule conséquence, celle de développer l’usage de techniques encore plus difficiles à détecter pour les forces de l’ordre, alors que — pour le moment — les techniques actuelles d’investigation, renforcées par une meilleure coopération internationale, suffisent à obtenir des résultats satisfaisants. »

Ce projet de loi m’inspire du dégoût, enfin, parce qu’à aucun moment le législateur n’a cherché à comprendre et à estimer les réactions de ceux qu’on appelle des pédophiles, ceux qui font et feront vivre ces distributeurs de pédo-pornographie. Et que les conséquences pourraient en être encore plus graves.

J’ai en effet une grande crainte : c’est que le perfectionnement du blocage des contenus pédophiles soit un minimum efficace, mais ait un effet pervers. En effet, si la pédophilie est bien une maladie (plus exactement une paraphilie), le simple fantasme, aussi abject soit-il moralement, ne fait pas nécessairement de mal quand il ne s’accompagne pas de passage à l’acte. Et si, en privant les pédophiles de tous contenus pédo-pornographiques pour fantasmer au nom de la protection de l’enfance, la frustration résultante en poussait plus à passer à l’acte ?

Je tiens à être clair sur le fait que je n’ai pas la réponse à cette question. Je me contenterai ici de montrer en quoi elle est pertinente, que les conséquences pourraient être désastreuses, et de blâmer le gouvernement et le législateur de ne pas avoir abordé ce sujet.

Beaucoup de pédophiles sont conscients que leur déviance sexuelle détruirait leur partenaire s’ils écoutaient leurs pulsions. C’est probablement parmi ceux-là que se trouve la majorité de ceux qui recherchent du contenu sur le web pour assouvir leurs fantasmes, heureusement sans systématiquement aller jusqu’à maltraiter des enfants. Mais ça, le législateur ne cherche pas à le comprendre… il ne veut pas le savoir.

Je ne comprends pas, par exemple, que la loi française traite également la détention d’une image d’un mineur et celle d’une simple représentation. La recherche d’une photographie ou d’une vidéo érotique mettant en scène un enfant doit évidemment être condamnée, car même si le spectateur ne commet pas l’acte, il encourage un trafic odieux, notamment par la publicité ou le droit d’accès qu’il a payé pour visionner ce contenu. En revanche, les productions érotiques n’ayant pas causé de tord à un enfant (texte, dessin, etc…) devraient être considérés comme moins graves. Ne vaut-il pas mieux qu’un pédophile qui assouvit son appétit de pornographie infantile le fasse en enrichissant un dessinateur de lolicon japonais plutôt qu’un mafieux qui a filmé le viol d’un enfant ?

Mais bien sûr, ce genre de propos ne sera pas tenu à l’Assemblée Nationale. Il serait bien trop dérangeant pour un politicien de chercher à comprendre comment fonctionnent les pédophiles, ou d’oser s’interroger sur les conséquences de priver des milliers de pédophiles de toute pornographie, y compris celle, « virtuelle », qui n’a pas fait de mal à des enfants.

Si j’insiste sur ce point, c’est à cause des perspectives ouvertes par la combinaison de deux informations. D’une part, un témoignage, que vous pouvez lire ici, sur le blog d’un avocat surnommé Maître Mô. L’auteur de ce témoignage, lui-même pédophile et s’exprimant sous couvert d’anonymat, y explique que la plupart des pédophiles peuvent passer à l’acte soit parce qu’ils sont inconscients du mal qu’ils font, soit — et c’est le cas qui rentre en compte ici — à la suite d’une frustration accumulée, notamment parce qu’ils n’ont même pas « le droit de [se] soulager devant un porno ».

D’autre part, une étude menée au Japon, résumée par Numerama, où les créations artistiques érotiques mettant en scène des adolescents ou des enfants (lolicon) sont légales, a donné des résultats très surprenants : le développement important de la pornographie entre 1972 et 1995 s’est accompagné d’une diminution impressionnante du taux de crimes sexuels (-85%), ainsi que d’une diminution du taux de mineurs parmi les victimes de ces crimes (de 8,3% à 4%).

Ces éléments ne permettent évidemment de faire aucune affirmation. Mais il y a un risque évident que le filtrage strict que mettra en place l’Etat ne multiplie le nombre de pédophiles frustrés de pornographie, et il est possible qu’il aboutisse pour cette raison à un accroissement des crimes sexuels sur les mineurs.

Ces questions devraient être abordées quand on légifère sur des sujets aussi graves, tout comme il faudrait un minimum de connaissances informatiques avant de voter des mesures aussi pointues sur les nouvelles technologies. Mais notre gouvernement actuel ne fait pas cet effort, et je ne peux que ressentir du dégoût quand je songe que ce sont des enfants qui en subiront cette fois les conséquences.

Je rappellerai le cas de l’Allemagne, où la censure des contenus pédo-pornographiques a été étudiée (au contraire de notre pays), avant d’être abandonnée. En effet, sur les huit mille adresses présentes sur les listes noires de la police, seuls 110 sites web contenaient réellement des images pornographiques de mineurs, soir à peine 1,37%. A noter également que 93% de ces sites ont été désactivés dans les deux semaines sur simple signalement à leur hébergeur, ce qui au passage bénéficie au monde entier et non à la seule Allemagne, et ne coûte pas 140 millions d’euros aux fournisseurs d’accès à Internet…

Lors des débats en commission, et je terminerai là-dessus, les députés ont imposé le passage par un juge pour toute décision de filtrage, donnant un minimum de garanties contre une censure excessive. Mais auront-ils le courage de maintenir cette disposition et de soulever les autres problèmes en séance plénière, si le gouvernement souhaite revenir à un filtrage, décidé arbitrairement et sans aucun contrôle, par le Ministère de l’Intérieur ?

Les séances seront accessibles en vidéo en direct sur le site de l’Assemblée Nationale

No tags

Hier, jeudi 20 mai 2010, le Conseil Constitutionnel a invalidé l’élection législative partielle de la 10ème circonscription des Yvelines, où je m’étais présenté comme candidat pour le Parti Pirate le 20 septembre 2009 et avais obtenu 2,08% avec mon suppléant Laurent Le Besnerais. Au second tour, sept jours plus tard, le candidat UMP sortant avait remporté le scrutin avec seulement 5 voix d’écart dans ce bastion de la droite.

Cette avance a été ramenée à une seule voix, suite à ce que nous appellerons pudiquement des anomalies dans le décompte initial des voix. De plus, un tract diffusé juste avant le vote et signé par le Maire de Rambouillet — et actuel Président du Sénat — Gérard Larcher, entretenait une confusion sur le soutien des Verts pour la loi dite du « Grenelle I », alors qu’ils s’étaient abstenus de voter ce texte ; le Conseil Constitutionnel a logiquement invalidé l’élection.

Il y aura donc, dans les prochaines semaines, une nouvelle législative partielle dans la 10ème circonscription des Yvelines. Ce qui va nous donner plusieurs opportunités.

La première sera de rappeler l’attachement du Parti Pirate à la transparence dans la vie politique. Nous appellerons toutes et tous à venir participer au dépouillement et à surveiller le décompte des voix, et prendrons des engagements clairs et fermes pour prévenir toute forme de corruption.

La seconde opportunité sera de revenir sur nos consignes de vote pour le second tour de la dernière élection, où nous avions indiqué la proximité du programme des Verts avec nos idées, mais avions également pris en compte l’opposition de Jean-Frédéric Poisson à la loi HADOPI. Bien qu’il se soit simplement abstenu, nous avions essayé d’encourager cette démarche, et nous sommes contentés de présenter les faits à nos électeurs au lieu d’appeler clairement à voter contre le candidat de l’UMP.

Malheureusement, ce dernier n’a eu suite à son élection aucun scrupule à apporter son soutien à des lois comme LOPPSI (qui introduit entre autres le filtrage des sites Internet). Nous en avons pris bonne note, et informerons les électeurs de la 10ème circonscription des Yvelines que le candidat UMP, malgré notre encouragement, ne défend pas les libertés individuelles.

Je serai candidat à la candidature pour représenter le Parti Pirate dans la 10ème circonscription des Yvelines, mais rien n’empêche d’autres pirates de se proposer de même. Jusqu’à présent, les volontaires ont plutôt fait défaut, notamment lors des scrutins d’envergure nationale. Mais je souhaite que nous ayons rapidement plus de candidats, et que nous mettions en place un procédé démocratique tel que le vote par les adhérents pour les nommer.

No tags

Le Conseil d’Administration du Parti Pirate a annoncé, au cours de la journée, le report de la tenue de l’Assemblée Générale à début mai. Cette décision fait suite aux diverses protestations effectuées ici, sur la mailing-list principale (pas de lien, l’inscription est… en panne), et évidemment sur le forum ; ainsi qu’à un problème (découvert à cette occasion) de demandes d’adhésions qui seraient parties mais jamais arrivées au Parti Pirate.

Faire machine arrière n’est jamais chose facile quand on risque de passer pour incompétent, et il est trop fréquent d’observer dans la vie politique des personnes (voire des groupes tout entiers) aller droit dans le mur pour éviter de reconnaître leurs erreurs — nos camarades de l’UMP nous en font régulièrement la preuve, notamment dès qu’on remet Internet sur le tapis (et de plus en plus un peu dans tous les domaines, avec des lois — ou des taxes —  contraires à la Constitution, ou encore des mesures attentatoires aux Droits de l’Homme, par exemple avec la garde à vue, quoique celle-ci constitue un mauvais exemple en ce qu’elle devrait sous peu rentrer dans la première catégorie, mais je m’éloigne du sujet.)

J’ai quelques soupçons concernant ces demandes « fantômes » qui arrivent à point nommé pour reporter l’AG, mais peu importe que ça soit la réalité, un prétexte, ou pourquoi pas l’œuvre de quelques membres plus ou moins francs sur la date d’envoi de leur adhésion. L’important est que tout cela soit reporté, et ce qu’il va se passer d’ici-là.

Il faut avant tout que le Conseil d’Administration annonce au plus tôt la date jusqu’à laquelle les sympathisants qui le souhaitent pourront envoyer leur demande d’adhésion en ayant la certitude de pouvoir participer à cette AG.

Il faut également mettre en place, dès aujourd’hui, des moyens de communication plus adaptés, surtout pour les évènements importants pour les membres — comme les actuelles annonces du CA, ou encore la conférence internationale qui doit se tenir à Bruxelles du 16 au 18 avril. J’ai constaté avec plaisir que les deux annonces d’aujourd’hui ont également été envoyées à la mailing-list « générale » du Parti Pirate : c’est un premier pas dans la bonne direction que je tiens à saluer. Il ne reste plus qu’à remettre en place l’inscription à cette mailing-list, et à s’assurer que tous les membres y aient accès, ou leur proposer une autre alternative (comme le courrier) le cas échéant. Et à terme, créer une ML dédiée à la communication aux adhérents.

Mon souhait est qu’on puisse également réfléchir en profondeur à la structure en Conseil d’Administration, qui ne me semble vraiment pas adaptée : si les rôles de Président, Trésorier ou Secrétaire pourraient être conservés et revenir à des membres qui se dévoueraient à cette seule et unique fonction, je ne pense pas que le reste de cette structure soit adapté pour un parti politique — encore moins pour le Parti Pirate.

Nous avons tous besoin de sentir que notre avis compte ; pour cela, pourquoi ne pas réfléchir à un système plus direct de participation des adhérents ? A l’occasion d’une des réunions avant les régionales, l’un des membres du Parti Pirate allemand avait expliqué aux autres présents que la sensation de réellement participer et de pouvoir décider en partie du destin du parti pirate motivait beaucoup les membres. Il me semble que nous devrions évoluer vers un système plus collaboratif y compris au niveau décisionnaire, où chacun pourrait proposer sa contribution ; un système où tous seraient le plus possible égaux en pouvoir.

Pour que le Parti Pirate fonctionne, il nous faudra avant tout convaincre l’énorme majorité des indécis et des sceptiques de croire en nous, et dans la mesure du possible récupérer le maximum de nos sympathisants qui sont parti au cours de ces quatre années d’existence.

Cette Assemblée Générale et les différents votes qui y seront proposés pourrait être le fer de lance d’un nouveau départ pour le Parti Pirate. Du moins, si cette fois-ci on la prépare sérieusement.

No tags

Mise à jour : l’AG est repoussée.

Je m’interroge sur un point important. On nous annonce les élections de renouvellement du Conseil d’Administration dans une dizaine de jours, et on nous propose de nous porter candidat… mais personne n’a précisé le mode de scrutin.

Comme il y a 7 postes à pourvoir, on aurait pu imaginer un scrutin basé sur des listes, à la proportionnelle. Mais apparemment il s’agira plutôt d’une élection où l’on vote pour une personne.

Comment cela sera-t-il organisé ?

Supposons, pour l’exemple, qu’un candidat ou une candidate se présente qui représente mes idées. Je vote donc pour cette personne. Et en fait, son discours et ses idées plaisent à beaucoup d’adhérents et elle emporte la plupart de suffrages. Imaginons qu’il y ait 30 votants dont 8 candidats et qu’elle reçoive 16 voix, alors que les autres candidats ne reçoivent qu’entre une et quatre voix.

Elle serait a priori élue au Conseil d’Admnistration. Mais qu’en est-il des 6 autres postes ? Distribués dans l’ordre, au numéro 2 des résultats, puis au numéro 3, etc ? On se retrouve donc avec un CA de 7 personnes qui ne représente absolument pas le résultat de l’élection.

Ou bien votera-t-on poste par poste, peut-être ? Avec nécessairement les mêmes effets…

Je n’ai pas l’intention de cautionner une élection organisée de manière aussi opaque. Tout a été fait, sciemment ou par maladresse, pour empêcher un nombre de candidats important, et une réelle représentation des tendances au sein du futur CA me semble fortement compromise.

Si des précisions ne sont pas apportées très vites sur le mode de scrutin, et si celui-ci n’aboutit pas à une représentation proportionnelle aux votes, je pense que cette fois je quitterai le Parti Pirate.

Il serait peut-être plus sage de faire machine arrière, de repousser la date de l’AG, et de s’occuper d’ici-là de la préparer un peu plus sérieusement.

No tags

Mise à jour : l’AG est repoussée.

Le Parti Pirate vient d’annoncer sa prochaine grande étape, après l’échec des régionales : l’AG, et donc le renouvellement de la direction pour l’année à venir et la discussion des grandes idées.

La façon dont ces élections sont organisées par l’actuel Conseil d’Administration est rien de moins que scandaleuse.

La date est fixée, ce sera dimanche 11 avril. Moins de deux semaines après l’annonce.

Le lieu, unique évidemment, est tout simplement inconnu, on sait juste que ça sera du côté d’Orléans (ça vient de tomber quelques heures à peine avant que je n’écrive ces lignes). Bon courage pour trouver un billet de train au dernier moment ou prendre la route, alors que les zones A et B seront en vacances !

Les modalités des élections sont encore inconnues, on nous annonce seulement qu’on pourra voter par un courrier anonyme.

Ne pourront voter que les adhérents à jour de cotisation au moment de l’annonce, ne comptez donc pas obtenir le droit de vote en vous inscrivant maintenant, si ce n’est pas déjà fait c’est déjà trop tard. Vous ne devriez néanmoins pas être jetés dehors si vous tenez à faire le déplacement quand même pour assister aux débats…

Tout cela, ajouté au fait que les adhésions ont été freinées des quatre fers depuis des mois, correspond à des méthodes à la limite du despotisme, ou à une sérieuse incompétence. Dans les deux cas, c’est grave.

Sans compter que cette annonce n’est faite que sur le forum. Les adhérents concernés n’ont pas reçu de lettre, ni de mail ; le site principal n’en fait même pas mention. Alors qu’il faut annoncer d’ici le 4 avril si l’on souhaite être candidat ou voir un sujet abordé lors de l’AG…

Ces derniers mois, depuis mon entrée au Parti Pirate en fait, j’ai entendu de nombreuses plaintes, contre la concentration des pouvoirs entre les bras de quelques personnes, contre le choix arbitraire par ces mêmes personnes des membres du CA ou des candidats (dont je ne m’exclus pas, soit dit en passant), contre l’opposition à toute extension du Parti Pirate au-delà du forum…

J’ai plusieurs fois critiqué moi-même ces aspects du Parti Pirate qui me semblent freiner son essor, et émis des propositions d’évolution pour le Parti Pirate, que je renouvellerai bien sûr à l’occasion de cette AG. Mais j’avais toujours espéré que l’organisation d’une élection du Conseil d’Administration permettrait de sanctionner par les urnes la politique des membres actuels, qui refusent la remise en question.

Au vu de la parodie de démocratie qu’on nous propose, j’y crois de moins en moins.

L’équipe qui dirige le Parti Pirate me semble mériter de plus en plus chaque jour les reproches que nous adressons aux entreprises du divertissement, avec leurs modèles vieillissants mais confortables, qui refusent de s’adapter, qui considèrent que c’est aux autres à se plier à leurs règles du jeu, et qui surtout ne veulent pas entendre parler de relâcher le moins du monde leur contrôle.

Car c’est bien là que se trouve, à mon avis, le cœur du problème. Que ce soit conscient ou non, les dirigeants actuels veulent tout contrôler, d’où cette obsession pour le forum — où l’on garde une trace de ce que chacun dit, au contraire d’une rencontre physique — et l’impossibilité pour le Parti de s’étendre au-delà.

Cette habitude de vouloir tout contrôler va de pair avec l’envie de tout faire, ou à tout le moins de tout vérifier. D’où les retards énormes de gestion, par exemple des adhésions, qui nécessitent un certain nombre de démarches de la part du Président et du Trésorier qui étaient trop occupés à participer aux différentes campagnes.

On ne peut plus avoir de cumul des responsabilités entre quelques membres lorsqu’ils ont déjà une vie professionnelle, voire une famille à prendre en charge, et ne peuvent consacrer au Parti Pirate qu’une partie de leur temps libre.

Je suis convaincu que le problème n’est pas un problème de personne, mais de répartition des responsabilités et du pouvoir, et qu’il faut avant tout que chacun n’aie pas plus d’une ou deux tâches à traiter à la fois.

Le Parti Pirate de France ne décollera jamais tel qu’il est lancé. Je crains, si rien ne change, qu’il ne reste qu’un groupe d’amis virtuels qui refont le monde sur un forum, en regardant de loin leurs cousins suédois, allemands ou anglais s’élever, en se contentant de présenter à l’occasion une petite candidature locale.

Et je ne suis pas sûr de servir nos idées en m’efforçant de faire décoller un parti qui n’a pas envie de se donner les moyens de participer à une élection nationale.

No tags

Depuis sa formation, le Parti Pirate s’est déclaré comme n’étant ni de droite, ni de gauche. Pourtant, certains s’évertuent toujours à essayer de nous caser sur l’échiquier politique…

Il est vrai que nos homologues suédois siègent au Parlement Européen avec les Verts, au sein du Groupe des Verts/Alliance libre européenne. Mais les écologistes européens forment avec l’Alliance libre européenne un groupe de 55 élus, beaucoup plus hétérogène que notre parti français des Verts, qui n’occupe par ailleurs que 7 des 13 sièges qu’a conquis la liste Europe Ecologie en France.

Il est vrai également que nos idées sont en opposition totale avec la politique actuelle du Gouvernement et de l’UMP. Mais il y a fort à parier qu’une autre famille politique subirait également, à leur place, le puissant lobbying de multinationales, comme celles du divertissement. Et nous marquerions à présent avec la même vigueur notre opposition à des lois similaires à HADOPI, qui fut d’ailleurs (dans un premier temps) approuvée par le groupe socialiste au Sénat — même les communistes s’étaient simplement abstenus.

Le mouvement pirate, qui se développe partout dans le monde, a pour but de proposer une politique cohérente, basée sur la logique et les besoins réels et non sur des idéologies partisannes. Nous ne sommes pas des rabâcheurs de concepts dépassés, et nous prônons un réel engagement vers l’avenir. Les autres partis sont trop souvent limités par des idéologies héritées du vingtième siècle, et ne s’adaptent pas aux révolutions liées au développement des technologies de la communication ou à la dématérialisation des œuvres. S’il est compréhensible de ne pas en saisir tous les tenants et aboutissants, il est intolérable que ceux qui nous dirigent le fassent en ne consultant que les études et analyses fournies par les lobbies !

Nos idées sont simples. La défense les libertés civiques — comme la vie privée, la liberté d’expression ou encore la présomption d’innocence — qui sont de plus en plus fragilisées. La libération de l’accès au savoir et à la connaissance — notamment en légalisant le libre échange hors circuit marchant et en repensant les droits des auteurs pour leur permettre de se ré-approprier le contrôle de leur diffusion. Et enfin, la lutte contre les situations de monopole — et notamment la remise en question du système des brevets, en interdisant les brevets sur les logiciels ou le vivant et en réfléchissant à une alternative au système des brevets pharmaceutiques. Lorsqu’on les énonce aux représentants d’autres mouvements politiques, la plupart répondent qu’ils les défendent depuis des années…

Ce qui nous rassemble, c’est avant tout un ras-le-bol de voir les experts, les associations et les citoyens ignorés dans des débats cruciaux. Et c’est pour faire entendre leurs voix que nous nous immisçons dans le débat et sur la scène politique.

Mais alors, pourquoi sont-ils si nombreux à laisser sacrifier notre vie privée ? Pourquoi préservent-ils des systèmes de diffusion vieillissants, contrôlés par quelques multinationales qui supplantent les précédents canaux, et une fois en situation d’oligopole exploitent ceux qui produisent leurs marchandises ? Et pourquoi, dès que des citoyens dénoncent les mesures inefficaces et dangereuses qui sont mises en place, les traitent-ils comme des pirates ?

Ces idées ne sont pas que de gauche. Si elles ne surprennent pas chez un socialiste ou un communiste, elles peuvent tout à fait venir aussi d’un gaulliste, d’un libéral, d’un écologiste, ou même d’un nationaliste… Ce n’est donc pas un hasard si toutes les sensibilités se retrouvent parmi nos membres, nos idées sont transversales.

Nous ne sommes pas de gauche ou de droite, et vouloir nous classer par rapport à un mouvement existant n’a pas vraiment de sens. Le Parti Pirate défend des idées, pas une étiquette. Libre à chacun de se faire un avis sur notre bord politique à leur lecture, mais pour notre part nous nous considérons indépendants.

Nous ne nous laisserons pas entraver par des idéologies dépassées. Nous sommes libres.

Et nous invitons tous les citoyens qui se reconnaissent dans nos idées à venir les défendre à nos côtés

No tags

Theme Design by devolux.nh2.me