Le ministère de l'Éducation nationale vient d'annoncer sa décision de retirer du logiciel "base élèves" les données relatives à la profession et la catégorie sociale des parents, la situation familiale de l'élève, l'absentéisme et les besoins éducatifs particuliers (L'AEF n°97749). Voici les réactions à cette décision de la FCPE, de la PEEP, du Snuipp-FSU, du Sgen-CFDT, recueillies aujourd'hui, vendredi 13 juin 2008:

 



FCPE. Interrogé par l'AEF, Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, souligne que sa fédération "continue de demander un arrêt de l'expérimentation 'base élèves' pour une remise à plat du dispositif, afin de décider des informations qui doivent ou non être supprimées". Pour lui, "la sécurisation n'est pas fiable et les données recueillies ne correspondent pas à ce qui est nécessaire pour le système éducatif". De plus, "c'est pire dans Sconet", le système de gestion informatique des élèves du second degré, "où la question du fichage se pose aussi". Jean-Jacques Hazan regrette que, "au lieu de discuter, d'évaluer ensemble les intérêts et les risques, le ministère ne daigne pas consulter la FCPE". Par ailleurs, estime-t-il, "les annonces correspondent rarement à la réalité sur le terrain, à ce qui est finalement inscrit dans les textes", il faut donc "attendre la publication de l'arrêté".

PEEP. La Peep, à qui le ministre Xavier Darcos a d'abord fait parvenir hier un courrier informant de cette décision, souligne qu'elle lui avait adressé le 9 juin dernier une lettre "afin de lui faire part des nombreuses interrogations qui subsistaient malgré la suppression des critères 'ethnicisés' et l'aval de la Cnil". Cette fédération de parents souligne qu'elle "n'avait pas demandé la suppression de la base élèves mais uniquement son remaniement". Elle "tient à exprimer sa pleine satisfaction d'avoir été entendue par le ministre de l'Éducation nationale".

SGEN-CFDT. Pour le Sgen-CFDT, cette annonce ministérielle représente "des évolutions rassurantes" qui doivent "rassurer la communauté éducative sur d'éventuelles dérives". Le syndicat entend rester "vigilant sur les conditions de mise en œuvre effective de cette décision dans les départements et les écoles" et souhaite que le logiciel de gestion Sconet utilisé dans le second degré "connaisse des évolutions allant dans le même sens". Le Sgen-CFDT "rappelle que tout fichier établi dans les écoles doit faire l'objet d'une déclaration à la Cnil conformément à la loi 'informatique et liberté' de 1978".

SNUIPP-FSU. Le Snuipp-FSU souligne qu'il "s'est adressé à plusieurs reprises au ministère pour demander l'arrêt de base élèves, l'établissement d'un bilan de cet outil et la mise à disposition de logiciels non interconnectés". Le syndicat "se félicite de ces nouvelles décisions ministérielles", qui selon lui "ne sont pas étrangères à ses interventions et à la mobilisation des personnels, des parents et des partenaires dans les départements et au plan national avec la pétition 'Tous les enfants sont fichés' ". Le Snuipp "poursuivra ses interventions et ses actions avec l'ensemble des partenaires sur ce sujet".


On comprend la prudence des réactions et la vigilance de mise. Il suffit d'examiner le questionnaire soumis à certaines écoles quelques mois auparavant et plus recemment, le nouveau questionnaire donné aux enfants à la barbe de leurs parents.
 

 

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