«[Les méthodes d'interrogatoire brutales] sapent l'État de droit. Elles nous aliènent dans le monde. Elles servent d'outil de recrutement pour les terroristes, et augmentent la volonté de nos ennemis de nous combattre, tout en diminuant la volonté des autres de travailler avec l'Amérique. (...) Elles n'ont pas fait avancer notre guerre et nos efforts contre le terrorisme – elles les ont amoindris, et c'est pourquoi j'y ai mis fin une fois pour toutes.»

Barack Obama, le 21 mai 2009, à propos du waterboarding (torture par l'eau).

Aujourd'hui 26 mai, cela fait un an depuis que le soldat américano-britanique Bradley Manning a été arrêté et mis en détention par l'armée américaine.

Bradley Manning est suspecté par les autorités américaines d'être l'un des «lanceurs d'alerte» de Wikileaks, et de leur avoir transmis une quantité importante de documents confidentiels. Il serait, d'après ces autorités, à l'origine des fuites les plus médiatiques du site, notamment la fameuse vidéo Collateral Murder où l'on voit un hélicoptère américain ouvrir le feu à la mitrailleuse sur un groupe de civils et tuer au moins 18 personnes (dont deux journalistes de Reuters), mais aussi les war logs afghans et irakiens ou encore les câbles diplomatiques qui sont diffusés depuis décembre dernier.

Il n'a toujours pas été jugé et son procès n'est pas programmé (il n'est d'ailleurs toujours pas officiellement accusé, mais simplement l'objet d'une enquête). Sa détention en Virginie a été indigne : placé sous isolement carcéral maximum, il n'avait droit qu'à une heure de sortie enchaîné par jour, et vivait le reste de sa journée dans une cellule de 6 mètres carrés sans fenêtre.

Son avocat raconte qu'à l'annonce d'un nouveau refus, début mars, de le sortir de l'isolement maximum, il se moqua de ses gardes en leur disant que s'il voulait se faire du mal, il pouvait toujours le faire avec l'elastique de son boxer (seul vêtement qu'il était autorisé à porter pour la nuit). En réponse, il a dû se passer de tout vêtement la nuit pendant une semaine, et se présenter nu en-dehors de sa cellule pour une 'inspection matinale que son avocat n'a pas hésité à qualifier «d'humiliation rituelle».

De nombreux groupes de soutien se sont formés et militent depuis le début pour sa libération. Ils ont récemment obtenu un assouplissement de ses conditions de détention grâce à leur mobilisation, mais Bradley demeure enfermé sans connaître le détail de ce qu'on lui reproche.

Les chefs d'accusation (virtuels, aucune réelle accusation n'a été prononcée contre lui) lui font encourir 52 ans de prison.

Le Parti Pirate dénonce les conditions dégradantes de la détention de Bradley Manning, et soutient cet homme présumé innocent, contre lequel aucune preuve n'a été fournie jusqu'à présent, et dont le crime serait d'avoir voulu révéler au grand jour les abus des systèmes militaire et diplomatique américains.

 

le 26 mai 2011

L'image d'illustration est une bannière de l'un des groupes de soutien à Bradley Manning, et disponible sur le site FreeBradley.org.

La musique est le titre In the brain of cockroach («dans le cerveau du cafard»), par mrSushiSooshamp, et distribuée sous licence CC-BY-NC-SA.