Ah, ah, ah.

Bon, j’avoue, on a bien ri.

Pardon ? Vous aussi, vous voulez rire ? Allez voir par là, ça vaut son pesant de petits livres rouges, je peux vous l’assurer.

J’avais failli, pour pirater un titre de Fred Couchet, intituler ce billet : “Jean-Jacques Queyranne, ou de la façon de ne pas aborder la vie politique“. C’était un peu long, d’accord. Mais n’empêche, c’est qu’il fait tout pour que je m’y sente poussé, le dénommé JJQueyranne. Survol annoté.


01net. : Dans la prochaine campagne des élections régionales, quelle place accorderez-vous à Internet ?
J.J. Queyranne : C’est un formidable outil d’organisation des militants et sympathisants, tant off que online.

[Toi aussi, sois branché comme JJQueyranne et emploie des mots anglais ! -- Au passage, il faudra que l'on m'explique l'utilité de "l'outil" Internet lorsqu'il est offline...]

Le site Uneregion-davance.fr et le réseau social du PS, Lacoopol.fr

[C'est moi ou ce URL-dropping dès la deuxième phrase a quelque chose d'une figure obligée ?]

constituent l’infrastructure de notre campagne des régionales, une sorte de QG numérique. Avec trois objectifs principaux : informer les citoyens et les impliquer dans le déroulement de la consultation dans les territoires ; présenter les compétences de la Région et les actions des six dernières années ; favoriser la participation et inviter les Rhônalpins à donner leur avis sur ce qui a été fait et sur les nouveaux chantiers à ouvrir.

[Donc si je résume bien, les citoyens ont le droit d'être informés uniquement lorsqu'il y a une élection imminente ?]

Internet sert également à mobiliser et à recruter des soutiens, ce que nous faisons avec notre application SpaceMob sur Facebook.

[Aah, FaceBook. No comment.]

Car c’est là que sont les électeurs

[Oh oui, chouette, un banc d'électeurs tout prêt pour la pêche au chalut.]

et qu’ils pourront, s’ils s’inscrivent, démultiplier nos messages auprès de leurs amis.

[Présenté comme cela, c'est tellement mignon que c'en est désarmant. Toi aussi, démultiplie la pensée de JJQueyranne avec tous tes amis, youpi !]

Et lorsqu’on sait que chacun dispose en moyenne de

[Mes communiquants m'ont donné des chiffres, attendez que je les retrouve...]

150 amis sur Facebook, cela donne une idée du nombre de personnes qu’on peut atteindre, en en recrutant seulement quelques milliers sur Facebook.

[Je suis d'accord. Facebook c'est décidément vraiment trop trop bien. On parlera d'éthique une autre fois, promis.]

A titre personnel, comment utilisez-vous ces outils de communication en ligne ?
Le défaut des ces outils est d’être extrêmement chronophages !

[Que les électeurs se rassurent : JJQueyranne a su rester un homme simple, qui aimerait bien rester sur msn avec ses amis mais doit aussi passer à Franprix acheter des croquettes avant que ça ferme...]

L’iPhone me permet d’actualiser mon statut Facebook ou de twitter.

[Grande promotion sur la pub pour des produits propriétaires : pas un, pas deux, mais bien TROIS produits cités en une seule phrase !]

Ecrire sur mon blog est un réel plaisir

[... pour ceux qui s'en chargent ?]

mais cela nécessite en moyenne une heure pour écrire, trouver une photo, etc.

[Ami (é)lecteur : comme toi, JJQueyranne passe des heures sur Google Images pour trouver une photo pas trop moche et la pomper sans trop regarder la licence.]

Mon agenda me limite dans la production de posts. Des militants m’aident régulièrement sur ces outils, ils me transmettent par exemple des photos, des vidéos…

[Si à ce stade vous n'avez toujours pas en tête l'image de JJQueyranne, blogueur solitaire le soir devant son ordi, c'est à désespérer...]

Quelle limite mettez-vous à votre communication sur Internet ? N’avez-vous pas peur de ne plus maîtriser votre image, d’être parodié, caricaturé ?
Communiquer en toute transparence est une bonne chose pour notre démocratie.

[J'aurais été lui, j'aurais ajouté le mot "sincérité" quelque part dans cette phrase. Juste comme ça. D'un autre côté, faut oser...]

Evidemment, je ne souhaite pas étaler ma vie privée. Mais je crois que les internautes attendent d’un homme politique avant tout de la sincérité dans ce qu’il peut écrire.

[Il ose.]

La caricature a toujours existé en démocratie, c’est un droit et il ne faut pas en avoir peur. Ma réaction lors de mon récent « entartage » a été ainsi saluée par les internautes.

[Puisque ces entartages nous échappent, feignons d'en être les instigateurs.]

Quel rôle pourrait jouer le Parti pirate dans la prochaine campagne ?
Le Parti pirate peut poser des débats intéressants,

[Jusque là ça commençait bien.]

d’ailleurs je partage leur avis sur Hadopi.

[Et patatras. Nous qui nous échinons à longueur de journée pour sortir du débat Hadopi, pour expliquer qu'il y a d'autres enjeux, plus graves, à plus long terme, plus insidieux...]

Nous pensons aussi

[Dire du mal d'une loi contre laquelle votre parti s'est prononcé et que la population conspue très largement, il fallait en avoir le courage.]

qu’il s’agit d’une loi anachronique, d’un autre âge, qui cherche à défendre (et n’y parviendra pas) un modèle ancien sans préparer les nouveaux modèles économiques émergents.

[C'est bien, JJQueyranne a lu mes interviews et celles de Maxime. Dommage qu'il n'ait pas également fait un tour sur notre site.]

Mais leur positionnement politique est discutable

[Mais je vous en prie, c'est quand vous voulez pour en discuter. Vous avez notre mail.]

et contradictoire : ils se disent apolitiques,

[Où donc ?]

ni de droite ni de gauche.

[J'imagine que c'est là la "contradiction".]

Je crois que Hadopi « reclive »,

[Vraiment ? En ce cas j'attends toujours l'exclusion de Jack Lang par le PS. Et l'éjection de SanSeverino des listes Europe-Ecologie.]

que ces sujets font apparaître un nouveau rapport gauche-droite.

[Cette thèse pourrait effectivement être intéressante. Mais se poserait alors la question de savoir de /quel/ côté de ce "clivage" se situe la formation de M. Queyranne ; de mon point de vue la réponse est loin d'être évidente.]

Un peu comme l’écologie politique à un moment,

[Encore l'écologie ? Mais décidément, qu'est-ce qu'ils ont tous ?]

le Parti pirate ne choisit pas son camp.

[Et...]

Il a tort :

[Waait for it...]

il est à gauche.

[Bingo ! Jackpot ! Extraball !]

Bon, assez ri.

Je ne saurais accuser quelqu’un d’aussi éminent que M. Jean-Jacques Queyranne de manquer de sincérité, ni encore moins de se livrer à de basses manœuvres de récupération hypocrite. Bien au contraire : cette seule pensée me révulse tellement, que j’hésite même à terminer ce billet avec la citation suivante, de notre contributeur le plus récent (mais non le moins enthousiaste) :

Sur le plan politique, j’ai été jusqu’en 2007 militant du Parti Socialiste et depuis militant d’Europe Ecologie. [...] J’ai fait l’expérience pendant toutes ces années de l’incapacité qu’avaient les uns et les autres à quitter les ornières traditionnelles du militantisme. Chacun voit comment le “professionnalisme” fait des ravages en politique. Je pense que, même si ça se voit moins, les Verts sont aussi touchés que le PS…

[...] Après des mois d’hésitation, les contrôleurs du monde capitaliste – ceux qu’on appelait au siècle dernier les exploiteurs – et les hommes politiques – principalement ceux qu’on appelle en Europe, à tort d’ailleurs, les libéraux – tentent de récupérer ce qui leur a jusque-là échappé ! C’est bien évidemment inadmissible : le monde doit aller vers l’avant et non pas être tiré en arrière

Piratement vôtre,

maître pers.